Transfert : de lac Inlé à Adélaïde

Du Lac Inlé (Myanmar) à Adélaïde (Australie)
Le monde vu différemment

 

J135 mercredi 16 janvier Journée1 de Lac Inlé (Myanmar) à Yagon (Myanmar)

Choupie et Garance ont pu remplir les dossiers « application » pour obtenir les visas électroniques australiens, mais les autorisations tardent à revenir.

Aucune raison de passer une troisième fois par Yangon, vraiment aucune, sauf pour sortir du Myanmar par le seul aéroport international du pays, semble-t-il, pour les étrangers tout au moins. Les connexions ne faisant pas partie du Plan du Parti Unique Militaire Myanmar, ou peut-être justement si, impossible d’avoir une connexion directe, vers l’extérieur, sans passer une triste nuit à Yagon.

Départ de l’hôtel Amazing (Lac Inlé) à 13H30, arrivée sans péripétie particulière à Yagon, au My Hotel, vers 19H00. Deux de nos trois chambres ont leur fenêtre unique qui donne sur un mur à 20 centimètres. Nous réussissons à changer celle des parents, qui a la vue maintenant sur la pagode illuminée, comme celle de Gilbert & Evelyne. Petit déjeuner du lendemain, trop loin du traditionnel, trop loin de l’américain, situé en plein no man’s land de l’international approximatif immangeable.

 

J136 jeudi 17 janvier Journée2 de Yagon (Myanmar) à Bangkok (Thaïlande)

On a beau essayer de remplir les délais de transit avec la Grande pagode, l’esprit n’y est plus et la Grande pagode non plus. Embouteillages, gaz d’échappement dans le taxi entassés. Le plaisir des grandes villes en cours de modernité. Deux heures d’attente de plus dans un aéroport. Vol de deux heures sans histoire. Une heure de taxi à Bangkok jusqu’à la chambre familiale de l’hôtel Ibis, avec vue sur le fleuve. Pas de dîner pour les filles, buffet très froid à l’hôtel pour Félix seul, buffet de rue excellent pour les parents. Toute l’équipe bien fatiguée.

Nous avons les visas. Pour les billets, Stopover, notre agence de Bruxelles, s’occupe de les valider pour demain matin. Il est minuit environ quand nous nous couchons. Restent encore 14 heures de vol et une escale à Kuala Lumpur demain…

 

J137 vendredi 18 janvier Journée3 de Bangkok (Thaïlande) à Kuala Lumpur (Malaisie)

Petit déjeuner à faire rougir Dubrule et Pellisson, fondateurs français du groupe hôtelier international Accor (Formule1, Ibis, Novotel…), s’ils étaient encore à la tête de leur création. Infâme. Mais manifestement pas pour les Russes et les Indiens qui engloutissent des quantités justifiées par leur poids à maintenir à son meilleur niveau international.

Départ en taxi à 8H00 pour l’aéroport. L’hôtesse de l’enregistrement nous explique que nous avons été scratchés du vol. Pas de billet électronique. Le gars du comptoir billet nous explique, lui, qu’il n’y a plus de place pour Adélaïde. Juste des places pour Kuala Lumpur, Malaisie. Pas pour le deuxième tronçon, Kuala/Adélaïde. Il est 2 heures du matin à Bruxelles. Aucune des autres compagnies assurant la liaison vers Adélaïde depuis Bangkok, n’est ouverte. Le gars du desk a une sale tête de cochon qui en a assez d’être ennuyé par les touristes. Le mieux serait certainement qu’il change de métier, non ? Comment notre agence, très sûre, a-t-elle pu nous mettre dans une situation pareille ? Quelque chose nous échappe entre Lac Inlé et Adélaïde. Cela fait 24 heures que nous avons quitté les bords du Lac.

Le gars du comptoir, nous émet des billets, Bankok (BKK) / Kuala Lumpur (KL) avec la liaison Adélaïde, mais pour le lendemain. Bien entendu, il est d’une lenteur étonnante. Allons à KL, une fois sur place, on verra bien et Bruxelles finira par se réveiller d’ici là. La tête de cochon nous met déjà en liste d’attente pour Adélaïde. Partis avec une heure et demie de retard de BKK, nous arrivons vers 15 heures, heure locale, à KL. Le vol du soir, à 22H, sur Malaysian Airlines est confirmé complet, nous confirmons notre liste d’attente, en attendant deux heures islamisées (voiles partout) à l’aéroport parfaitement silencieux et calme de KL, le lever de Stopover sur un autre continent. Cela fait 30 et quelques heures que nous « voyageons ». Toute la troupe prend tranquillement son mal en patience. Notre objectif commun est de quitter la zone marron-jaune, au plus tôt, pour pouvoir nous reposer. Même l’idée d’aller « valider », comme dit le cousin Jean-Luc, KL, nom mythique plus pour les parents que pour les enfants, ne nous intéresse plus. Nous voulons partir. C’est tout.

C’est le système de Malaysian Airlines qui est planté à Bruxelles depuis 24 heures. Stopover n’a pas pu confirmer, et la compagnie nous a gentiment scratchés sans sommation. Super Monique, la patronne de Stopover, nous trouve des places sur le vol du jour à 22 heures. Plus besoin de passer une nuit à KL, Choupie peut refermer les sites de réservation d’hôtels. Le vol à un peu de retard, mais il représente la liberté pour nous. Environ 36 heures depuis Lac Inlé déjà. Reste un vol de nuit de 8 heures, plus deux de décalage horaire. Dans le brouillard de la fatigue et de la dérive des continents, les fuseaux horaires se sont estompés doucement.

 

J138 samedi 19 janvier Journée4 de Kuala Lumpur (Malaisie) à Adélaïde (Australie)

Si vous pouvez éviter Malaisyan Airlines, évitez. Surtout sur un vol de nuit qui part vers 22H heure locale. Froid glacial même bien couvert avec un bonnet sur la tête, nourriture immangeable au-delà du raisonnable, musique d’ascenseur une heure après le décollage et une heure avant l’atterrissage, personnel de bord à la limite du désagréable. Pas une minute de sommeil pour Julia et Chris. Quelques bribes pour Choupie (il parait qu’un propriétaire voisin bloque les travaux de la maison à Bruxelles, ça n’aide pas à dormir). Quelques demi-heures pour Garance et Félix sur la fin du vol.

Frais et dispos donc, à l’arrivée à Adélaïde le lendemain matin, à 9H00, heure locale. Ne reste plus qu’à refuser le motel démoralisant de la géante à coiffure manga du tourist office (« la chambre a un jacuzzi, il y a une piscine, les enfants vont adorer »), dénicher un camping-car (camper-van ici) à la volée chez Blitz grâce à Christiana, blonde Hongroise baroudeuse commerciale d’élite et nous voilà parés pour une nouvelle aventure.

De mercredi 16 janvier, 13H30, Lac Inlé à samedi 19 janvier 15H00, camping-car à Adélaïde. 3 jours de transfert. Presque sans problème. La terre est de plus en plus petite, mais pas partout quand même. Et nous sommes libres. Wahou. Gros cris de joie dans la camper-van de la liberté sous ciel bleu.

Une autre vision du monde

Nous voyions le monde depuis la capitale de la vieille Europe. Borné à l’est par l’image du rideau de fer et à l’ouest par l’océan Atlantique. Une représentation à la grec ancien, en quelque sorte. Nous sortons de cette partie du voyage avec une vision totalement transformée. Nos frères Russes ont bienvaillament assuré la connexion entre l’Occident et l’Océan Pacifique. Vladivostok est plus à l’ouest que la Corée, Pékin ou Tokyo... L’Asie de sud-est est en pleine dissolution dans notre système auquel elle est déjà intégrée et cherche encore plus à l’être. Nous ne pouvons plus nous passer de la Chine, qui ne peut plus se passer de nous. Le Japon est, depuis 1943, intégré définitivement à notre sphère. Une énorme bande fait le tour ininterrompu de l’hémisphère nord, complétée dans l’autre hémisphère par l’Amérique du sud entraînée par le Brésil et l’Argentine et l’Australie et la Nouvelle-Zélande en Océanie. Le centre du monde est le point de contact entre Occident et Asie, la côte ouest de l’Amérique du nord : Californie et Colombie Britannique. Certaines zones sont, « hors de ce jeu là » : Afrique, Péninsule Arabique et Maghreb, sous-continent indien.